Le temps qui passe

Publié le 10 octobre 2026 à 16:08

 

J’aime l’idée de vieillir. Ces cheveux blancs qui ne tarderont à devenir l’écrin flamboyant des souvenirs.

J’aime l’idée de ralentir, de n’avoir plus rien à prouver.

J’aime qui je suis et celle qui va se déployer. J’aime ma finitude, l’impermanence des choses et le baiser du temps sur mon corps.

J’aime m’asseoir plus souvent car j’ai appris à mieux observer. L’impatience d’avant à fait place à davantage de contemplation.

J’aime les années à venir, le déclin de la vitesse et le retour au souffle plus fréquent.

J’aime cette transition où l’on passe de l’exaltation à l’équilibre. Où l’ancrage est plus profond et se meut en racine jusqu’au tréfond de notre être, peu importe si le sol n’est pas stable, l’âme se fixe enfin sur l’essentiel.

J’aime la perspective de cette liberté nouvelle, de m’affranchir des attentes et d’être non pas une femme mais la femme que je désire être.

Et si j’ai froid plus vite, j’aime l’idée que c’est le temps qui m’invite à me dévêtir des préjugés et des illusions.

J’aime le temps que je n’aurai plu et celui qui est déjà passé.

J’aime tous ces possibles que j’ai choisi de ne pas embrasser.

J’aime les portes qui ne s’ouvriront plus.

J’aime celles que j’ai renoncé d’être car elles permettent de vivre aujourd’hui.

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