C’est la proie de mes insomnies
Le bruit de ce monde qui ne tarit jamais
Qui couvre, qui couve, qui court
Tandis que mes yeux cherchent le sommeil
Dans chaque recoin de mes pensées
Ce flot d’horreur qui alimente le vide
Et le vide qui alimente nos peurs
Je chasse les heures
Toutes embouées d’espoir
Et si je sombre
Epuisée dans une éphémère douceur
C’est que le cauchemar se vit debout
Que le cauchemar est en journée
A chaque minute à la télé
A chaque compte insta
A chaque actu sur les réseaux
L’emprise de ce déclin
Qui s’insinue dans nos veines
Dans nos rêves, dans nos demains
C’est la toile de fond
Tissée par les puissants
C’est Gaza, la guerre, les fonds marins,
C’est l’eau qui déborde
C’est le feu qui lèche
C’est regarder le ciel étoilé
Et se rappeler qu’elles sont mortes
Battues, violées, vendues
C’est la beauté abîmée de ce qui n’est déjà plus
C’est perdre ce qui n’a jamais été à nous
C’est se souvenir de ce qu’on n’a jamais oublié
C’est spolier le vivant
Et se rappeler qu’on forme un tout
C’est le carrousel de l’attente
L’apnée en espérant la surface
C’est le jeu du faisceau de lumière
Quand on y croit encore
Qui dessine des silhouettes difformes
Des pantins qui ressemblent aux gens qu’on aime
Dont les ombres parcourent la chambre
Et je tente en vain de les retenir
Mieux vaut des ombres dans cette chambre
Que des nouvelles sans avenir
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