Insomnies

Publié le 10 octobre 2026 à 16:26

 

C’est la proie de mes insomnies

Le bruit de ce monde qui ne tarit jamais

Qui couvre, qui couve, qui court

Tandis que mes yeux cherchent le sommeil

Dans chaque recoin de mes pensées

Ce flot d’horreur qui alimente le vide

Et le vide qui alimente nos peurs

Je chasse les heures

Toutes embouées d’espoir

Et si je sombre

Epuisée dans une éphémère douceur

C’est que le cauchemar se vit debout

Que le cauchemar est en journée

A chaque minute à la télé

A chaque compte insta

A chaque actu sur les réseaux

L’emprise de ce déclin

Qui s’insinue dans nos veines

Dans nos rêves, dans nos demains

C’est la toile de fond

Tissée par les puissants

C’est Gaza, la guerre, les fonds marins,

C’est l’eau qui déborde

C’est le feu qui lèche

C’est regarder le ciel étoilé

Et se rappeler qu’elles sont mortes

Battues, violées, vendues

C’est la beauté abîmée de ce qui n’est déjà plus

C’est perdre ce qui n’a jamais été à nous

C’est se souvenir de ce qu’on n’a jamais oublié

C’est spolier le vivant

Et se rappeler qu’on forme un tout

C’est le carrousel de l’attente

L’apnée en espérant la surface

C’est le jeu du faisceau de lumière

Quand on y croit encore

Qui dessine des silhouettes difformes

Des pantins qui ressemblent aux gens qu’on aime

Dont les ombres parcourent la chambre

Et je tente en vain de les retenir

Mieux vaut des ombres dans cette chambre

Que des nouvelles sans avenir

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